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Prévenir ou guérir : inutile de choisir

Quand et qui consulter ?

« Prends sur toi ! », « Ce n’est pas si grave ! », « Ça va passer », etc. Qui n’a pas déjà entendu ces formules minimisant l’expression de difficultés psychiques ? Ces vieux réflexes d’une autre époque ont la vie dure. Selon l’enquête de l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) de 2016, plus de 57% des étudiants préfèrent attendre que leurs problèmes s’arrangent d’eux-mêmes. Or il est parfois bien difficile de trouver seul les bonnes réponses. Pourtant, les offres de soutien et de soin sont aujourd’hui bien développées et accessibles. C’est d’autant plus dangereux qu’un trouble mental non pris en charge peut s’aggraver ou devenir chronique. Pire, l’isolement et le repli sur soi-même sont des facteurs de risque et peuvent augmenter la souffrance psychique. L’épidémie de covid 19 illustre bien comment la rupture des sociabilités a considérablement accru la détresse psychologique des personnes isolées.

Non-recours, les idées fausses

  • Consulter ? C’est trop cher ! FAUX
    De nombreuses aides sont accessibles gratuitement, notamment celles qu’apportent les associations d’écoute et de soutien. Si les psychologues ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale, ce n’est pas le cas des psychiatres. Vous pouvez également pousser la porte des Services de santé universitaire (SSU), ils proposent des consultations de psychologie gratuites. Enfin, n’hésitez pas à vous renseigner à propos du dispositif national Chèques Psy qui peuvent vous permettre d’obtenir 3 consultations gratuites chez un psychologue.
  • Consulter ? Je n’ai pas le temps ! FAUX
    Bien sûr vos agendas sont souvent bien remplis ! Mais considérez l’aide comme un investissement en temps : une moindre santé mentale, c’est moins de concentration, moins de facilité de récupération… bref moins d’efficacité.

Attention au déni

Il n’y a pas que l’illusion de la méthode Coué qui explique le non-recours. Outre, le manque de ressources et de temps, la crainte, parfois, de découvrir de la « folie » en soi. De plus certains étudiants hésitent à consulter par peur d’être stigmatisés. Le psychiatre Frédéric Atger précise que « c’est un public qui a du mal à demander de l’aide. Ils y voient un signe de dépendance à un moment où ils veulent au contraire acquérir leur autonomie » (Le Monde, 2020). C’est bien sûr un problème, car les étudiants qui sont plus nombreux que dans le reste de la population à avoir des difficultés sont aussi ceux qui consultent le moins. Or, il ne devrait pas y avoir plus de gêne à consulter pour une dépression que pour une jambe cassée ! Santé mentale et santé physique font partie d’un même tout, il ne devrait pas y avoir de honte à éprouver du mal-être.

Les signaux d’alerte

Quand consulter ? De nombreux signes peuvent indiquer le besoin d’un accompagnement. L’irritabilité, l’anxiété, la tristesse, les troubles du sommeil ou de l’alimentation, par exemple, sont à prendre avec sérieux, notamment lorsqu’ils persistent dans le temps. Écoutez vos proches qui peuvent vous alerter sur des changements de comportement et parlez-leur. D’une façon générale, dès lors qu’un doute apparaît, il ne faut pas hésiter. Il est particulièrement important de faire la démarche tôt, sans attendre que la situation ne devienne handicapante ou que la souffrance psychologique ne s’installe.
Reconnaître les symptomes
Reconnaître les symptomes

Échelle d’évaluation, une indication à prendre avec précaution

  • Il existe de nombreux outils d’évaluation de sa santé mentale, notamment par questionnaire, en ligne ou non.
  • Parmi les différentes offres, vous pouvez tirer parti du The Warwick-Edinburgh Mental Wellbeing Scales ou WEMWBS, facilement accessible sur internet . Très simple et rapide d’utilisation, elle permet d’estimer votre bien-être psychologique grâce à 14 questions.
  • Si ces outils peuvent s’avérer très utiles, ils ne fournissent que des indications et ne remplacent en rien le contact direct ou téléphonique avec une personne qui saura vous répondre !

Les offres de soin et d’accompagnement

Spécialiste ou généraliste ? Professionnel ou bénévole ? Médecin ou pas médecin ? Payant ou gratuit ? À l’université, en ville ou à l’hôpital ? Les possibilités offertes par le système de soin et d’accompagnement sont nombreuses et très diversifiées. Il est facile de s’y perdre ! Pour bien se faire aider, il est utile de comprendre qui fait quoi. Il sera ainsi plus facile de contacter la personne la plus à même de répondre à votre besoin. L’infographie ci-contre vous propose un aperçu du rôle de chacun mais en cas de doute, pas de panique, les associations d’écoute peuvent vous donner les premiers conseils et vous aiguiller.

Pour vous aider, vous trouverez une liste des ressources existants au sein des établissements universitaires et d’enseignement supérieur et un annuaire des structures et dispositifs existants sur notre territoire .




Consultez le glossaire des praticiens de santé

Comment prendre soin de soi et des autres

Cultiver sa santé mentale

Il est tout à fait possible d’améliorer votre santé mentale. Comment ? En cultivant les facteurs dits de « protection », par opposition aux facteurs de risque. D’une très grande diversité, on y trouve des ressources sportives, culturelles et sociales. Privilégier une alimentation équilibrée, pratiquer le yoga ou la méditation, faire du sport, voir des amis, s’ouvrir à l’art, plonger dans un livre, s’octroyer des moments de pause… beaucoup d’activités courantes permettent d’améliorer la qualité de vie et, à ce titre, concourent à une bonne santé mentale. Une activité physique de loisir régulière, et en particulier les sports collectifs, protège du stress, de l’anxiété et limite les risques de dépression. L’Inserm indique même qu’un programme d’activité physique peut produire autant de bénéfice thérapeutique sur un épisode dépressif majeur – de sévérité légère à modérée – que des antidépresseurs ou une psychothérapie ! Même chose pour la méditation dont les études attestent qu’elle permet de mieux gérer le stress et les émotions. Il peut ainsi être bénéfique d’identifier ses émotions et d’apprendre à s’en servir.

Prendre ou pas des psychostimulants ?

  • Du café à la cocaïne, on trouve sur l’étagère des psychostimulants des produits bien différents !
  • Certains comme le café, la vitamine C, voire le chocolat, peuvent aider ponctuellement à augmenter les facultés psychiques.
  • D’autres sont à proscrire absolument, et d’abord parce qu’ils sont dangereux pour votre santé.
  • Renseignez-vous précisément et consulter votre médecin car de nombreux psychostimulants peuvent avoir des effets secondaires (addiction, problèmes cardiaques, insomnie, etc.), et produire des effets contraires à ceux que vous recherchez.

S’ouvrir aux autres, pour soi-même et pour eux

Déni et repli sur soi sont deux signes de difficultés psychologiques. Il est ainsi d’autant plus important d’être attentif aux autres qu’il est parfois difficile de repérer leur mal-être. Si vous constatez qu’un camarade s’isole, qu’il a des sautes d’humeurs ou que son comportement change, n’hésitez pas à discuter avec lui. Se sentir entendu est un soutien important, notamment dans la prévention du suicide, deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans.
Enfin, si l’attention portée aux autres leur procure un réel réconfort, cette disposition d’esprit peut également améliorer votre propre santé mentale. Rebeca Shankland, enseignante-chercheure en psychologie, fait même de la bienveillance un levier d’amélioration de notre bien-être, de la même façon que d’autres compétences psychosociales comme la gratitude.

Quelques exemples de parcours pour prendre soin de soi